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Cloisons de jardin : séparer sans bétonner sa parcelle

J’ai planté une haie de huit mètres il y a trois ans. Vingt-deux plants, deux week-ends de bêche, une tendinite. Aujourd’hui mes voisins du fond ont rasé la leur, et je vois leur cuisine depuis mon salon. Un grillage vert aurait réglé ça en une matinée. Sauf que je ne voulais pas de grillage, justement.

Entre les deux, il existe une troisième voie, celle des cloisons de jardin, qu’on peut monter soi-même avec des plaques alu ou composite sur poteaux bois, sans couler de dalle ni attendre cinq ans qu’un troène monte au niveau du regard. Le sujet est bien traité à lire ici, et franchement, ça remet en question pas mal d’idées reçues sur la séparation de terrain.

Les haies restent une tuerie pour la biodiversité, je le maintiens. Mais elles ont un défaut : la surface qu’elles grignotent. Comptez un mètre de recul de chaque côté, parfois deux si le voisin invoque le Code civil. Sur une parcelle de 400 m² en lotissement, on parle de 40 m² perdus.

Beaucoup.

Ce qu’une cloison apporte qu’une haie n’apporte pas

De la place rendue, déjà : une cloison d’1,80 m tient sur 40 cm d’emprise, poteaux compris. Ensuite, une réduction sonore immédiate. Mon voisin tond à 7 h le samedi ; un panneau plein en aluminium me fait gagner autour de 12 dB par rapport à un grillage simple, ce qui s’entend tout de suite quand on bosse de chez soi.

Et l’entretien, passons. Une haie demande une taille annuelle, parfois deux pour le charmille. Une cloison demande un coup d’éponge au jet tous les deux ou trois ans. Je sais, ça paraît froid. Un jardin, c’est vivant, on est bien d’accord. Sauf que vivre à côté d’un voisin qu’on entend griller ses saucisses à 22 h, ce n’est pas non plus la définition du repos.

Il faut quand même dire les choses désagréables : côté prix, une cloison alu correcte sur 10 mètres, avec poteaux, lames et platine de fixation, on tourne entre 1 500 et 2 500 € si on la pose soi-même. Une haie de même longueur en jeunes plants coûte 200 €, mais elle mettra sept ans à fermer la vue. Le calcul change complètement selon qu’on est pressé ou pas.

Les points de bricolage qui coincent (et comment les éviter)

Trois erreurs reviennent.

  • Sceller les poteaux directement dans la terre : au premier hiver, les poteaux bois gonflent, vrillent, et les plaques se déforment.
  • Oublier le vide sanitaire en bas de cloison, ce qui transforme le bas du panneau en réceptacle à feuilles mortes et à limaces.
  • Monter une cloison de 2 m sans vérifier le PLU de la commune, alors que la limite est souvent à 1,80 m en limite séparative.

Sur ce dernier point, appelez le service urbanisme avant d’acheter quoi que ce soit. J’ai vu un voisin démonter 14 mètres de panneaux parce qu’il avait posé 2,10 m sans autorisation. Deux jours de démontage, une benne, et une ambiance de quartier légèrement tendue.

Le végétal n’est pas mort

Le plus intelligent, et de loin, c’est de combiner. Une cloison basse sur les deux premiers mètres, puis du végétal qui grimpe dessus. Un chèvrefeuille ou une clématite devant un panneau bois, ça casse l’effet « mur de parking » en deux saisons. On garde l’intimité immédiate, on récupère la faune au bout de trois ans.

Tout le jeu consiste donc à savoir ce qu’on veut protéger : son intimité, son carré de tomates, ou les deux. Sur une terrasse urbaine de 15 m², un panneau occultant de 2 m fait le job là où aucun arbuste ne tiendra jamais. Sur un grand terrain à la campagne, la haie libre reste imbattable pour qui accepte d’attendre.

Mon cas personnel a fini en mixte : 6 mètres de cloison côté rue, haie persistante côté jardin. Trois ans après, la haie me donne des nids de mésanges, et la cloison m’évite de discuter tondeuse avec le voisin d’en face. Les deux, franchement, c’était le bon calcul.